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Premiers répondants : survivre après l’uniforme

  • Photo du rédacteur: Josée Querry
    Josée Querry
  • 20 févr.
  • 2 min de lecture

Il y a un moment que personne ne prépare vraiment.


Celui où tu enlèves l’uniforme.


Pas juste à la fin d’un quart de travail.

Pas juste à la retraite.


Je parle du moment où tu réalises que tu n’es plus celui ou celle qui sauve.

Que tu n’es plus dans l’action.

Que ton rôle, ton identité, ton armure… restent accrochés quelque part derrière toi.


Quand j’ai quitté la Gendarmerie royale du Canada, je croyais que le plus dur était derrière moi.


Je me trompais.


Quand le corps reste en service


Même sans radio à la ceinture.

Même sans bottes de travail.

Même sans urgence à gérer.

Le corps, lui, continue.


Hypervigilance. Sursauts. Fatigue profonde. Colère qui arrive sans prévenir. Tristesse qui s’installe doucement.


Tu fais l’épicerie, mais ton système nerveux est encore en mode intervention.

Tu es à la maison, mais ton cerveau scanne la pièce.

Tu essaies de relaxer, mais ton corps ne comprend plus ce mot-là.


Ce n’est pas de la faiblesse.

C’est un système qui a appris à survivre.


La perte invisible

Ce dont on parle peu, c’est la perte d’identité.


Pendant des années, tu étais :

  • policier·ère

  • pompier·ère

  • paramédic

  • militaire

  • personnel de l'urgence

  • porteur d'uniforme


Tu étais celui ou celle sur qui on comptait.

Puis, soudain… plus rien.


Plus de structure.

Plus d’équipe.

Plus de mission claire.


Et là arrive cette grande question silencieuse :

Qui suis-je maintenant?


Beaucoup de premiers répondants me disent :


Je me sens inutile.Je ne sais plus où est ma place.Je me sens seul, même entouré.


Ça aussi, c’est normal.

Mais c’est lourd à porter.


Le fameux « tiroir à cochonneries »

Pendant ta carrière, tu as vu des choses que la majorité des gens ne verront jamais.


Alors tu fais comme on t’a appris :

Tu mets ça dans un tiroir.

Tu fermes.

Tu continues.


Mais un jour, il y a une cochonnerie de trop.

Et le tiroir déborde.


Flashbacks.

Anxiété.

Insomnie.

Épuisement.

Isolement.


Ce n’est pas que tu es brisé.

C’est que tu as trop porté.


Survivre après l’uniforme, ça s’apprend

Revenir à soi, ce n’est pas un bouton ON/OFF.

C’est un processus.


Parfois lent.

Parfois inconfortable.

Souvent mêlant.


Ça peut vouloir dire :

  • apprendre à ralentir (même si ça fait peur)

  • demander de l’aide (même si tu es habitué d’en donner)

  • reconnecter avec ton corps

  • parler à quelqu’un qui comprend

  • déconstruire cette idée que tu dois être fort tout le temps


Tu as été formé pour intervenir dans les crises des autres.

Personne ne t’a vraiment montré comment traverser les tiennes.


Tu lis ceci et que tu te reconnais…


Sache une chose importante : Tu n’es pas le seul à vivre ça. Et tu n’as pas à porter ça en silence.


Il existe des chemins de reconstruction.

Il existe des outils.

Il existe des humains qui comprennent.

Et surtout… il existe une vie après l’uniforme.


Différente.Plus lente peut-être.Mais encore pleine de sens.


En terminant

Tu as passé ta vie à prendre soin des autres.

Peut-être qu’il est temps, doucement, de prendre soin de toi.

u n’es pas seul

Si t

Et si survivre après l’uniforme devenait, tranquillement, revenir à toi?

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