Prise dans un gros criss de tourbillon
- Josée Querry

- il y a 4 jours
- 2 min de lecture
Pendant un bout, je me sentais prise dans un tourbillon.
T’sé… un gros criss de tourbillon dont je n’avais aucune idée comment m’en sortir.
Ça allait vite. Trop vite.
Je courais après le temps, après la performance, après l’image de celle qui “gère”.
Mais à l’intérieur, ça brassait solide.
Des red flags, j’en ai eu.
Plein.
Mon corps me suppliait d’arrêter.
Fatigue écrasante. Tensions constantes.
Des douleurs qui apparaissaient sans invitation.
Ma tête, elle, m’envoyait des cochonneries.
Des pensées lourdes. Des scénarios noirs.
Une petite voix qui disait : ça va mal… vraiment mal.
Mais malgré tout ça, j’étais incapable de m’arrêter.
Parce que m’arrêter, pour moi, ça voulait dire quoi?
Faiblir? Décevoir? Perdre le contrôle?
Admettre que je n’étais plus capable?
Fait que j’ai continué.
Encore.
Et encore.
Jusqu’au jour où mon corps a décidé de parler plus fort que moi.
J’ai eu une bosse sur un sein.
Et là… je vais le dire tel quel.
J’ai souhaité avoir le cancer.
Criss… peux-tu croire.
Souhaiter avoir le cancer!!!
Moi qui avais vu ma mère souffrir tellement du cancer.
Moi qui savais ce que cette maladie-là vole, arrache, détruit.
Et malgré tout ça, dans ma tête épuisée, embrouillée, à boutte…
la seule façon que je voyais pour sortir de ce tourbillon-là, c’était d’avoir une maladie
.
Pas parce que je voulais mourir.
Mais parce que je voulais arrêter.
Parce qu’une maladie, ça, c’est permis.
Ça, c’est compris.
Ça, ça donne le droit de ralentir sans se faire juger.
Avec une maladie, t’as le droit de dire :je ne suis plus capable…sans avoir à te justifier.
Je ne comprenais pas, à ce moment-là, que ma blessure intérieure était si profonde.
Que ce que je vivais à l’intérieur, c’était déjà assez grave.
Assez lourd.
Assez réel.
Assez pour m’arrêter.
Mais dans ma tête, ce n’était pas suffisant.
Parce que la question qui revenait sans cesse, c’était :« Qu’est-ce que les autres vont dire? »
Qu’est-ce qu’ils vont penser si j’arrête sans raison visible?
Si je dis que ça ne va plus… mais que ça ne paraît pas?
Si je n’ai pas de diagnostic clair, pas de mot facile à expliquer?
Fait que j’ai minimisé.J’ai enduré!
J’ai appris à vivre avec une douleur invisible, en me disant qu’elle n’était pas assez légitime pour tout arrêter.
Jusqu’au moment où j’ai compris quelque chose d’essentiel :
le corps se souvient avant la tête.
Et quand on refuse de l’écouter, il finit par nous arrêter de force.
Aujourd’hui, je ne me juge plus d’avoir pensé ça.
Je comprends la détresse derrière.
Je comprends l’épuisement.
Je comprends cette femme qui n’en pouvait plus, mais qui se sentait prisonnière du regard des autres.
Et si j’écris ce texte aujourd’hui, c’est pour dire ceci, clairement :
Tu n’as pas besoin d’être malade pour mériter de t’arrêter.
Tu n’as pas besoin d’un diagnostic physique pour que ta souffrance soit valide.
Ta douleur intérieure est suffisante. Point.
S’écouter, ce n’est pas abandonner.
C’est se choisir.
C’est se protéger.
C’est peut-être même se sauver.
Et si ton corps était en train de te parler depuis longtemps… qu’est-ce qu’il essaie de te dire, là, maintenant?

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